Le référentiel du CAP AEPE demande à l'accompagnant éducatif petite enfance de « participer à l'application des protocoles d'urgence » et de repérer les risques de l'environnement de l'enfant. Ce guide reprend les recommandations officielles de prévention des accidents domestiques, sans jamais détailler de geste de secours : ces gestes s'apprennent exclusivement dans une formation agréée, en présentiel.
test-cap-aepe.fr est un site indépendant d'entraînement : en cas d'urgence réelle, appelez les secours (15, 18 ou 112) avant toute autre démarche.
Une cause de mortalité identifiée comme prioritaire
Santé publique France identifie les accidents de la vie courante comme la première cause de décès chez les enfants de 1 à 4 ans, et la deuxième cause chez les 5-14 ans. Les mesures de prévention doivent cibler en priorité les chutes (l'accident le plus fréquent, pouvant provoquer des traumatismes crâniens), ainsi que les intoxications et les accidents par asphyxie ou suffocation, en raison de leur sévérité potentielle.
Ce constat justifie que la sécurité de l'environnement fasse partie des savoirs évalués au CAP AEPE, au même titre que les soins ou l'éveil : un professionnel de la petite enfance doit savoir repérer les risques avant qu'un accident ne survienne.
Les étouffements
Une brochure officielle de prévention recommande de ne jamais laisser à portée d'un jeune enfant des pièces de monnaie, billes, bonbons, petits jouets, certains aliments (olives, cacahuètes), piles, capuchons de stylos ou petits objets similaires, et de surveiller l'enfant pendant les repas et les jeux. Les sacs plastiques doivent rester hors de portée, de même que ceintures, cordons, colliers ou foulards, qui présentent un risque d'étranglement.
Les noyades
Un enfant peut se noyer en quelques minutes, sans un bruit, y compris dans une faible hauteur d'eau (baignoire, petite piscine). Les recommandations officielles sont sans ambiguïté : ne jamais laisser un enfant seul dans son bain, même avec un siège de bain ou un tapis antidérapant, ces dispositifs n'étant pas des équipements de sécurité, et ne jamais s'éloigner, même quelques secondes.
Les chutes
Les chutes sont l'accident le plus fréquent chez le jeune enfant. Les recommandations officielles insistent sur plusieurs points : ne jamais laisser un enfant seul sur une table à langer, toujours utiliser la sangle d'entrejambe d'une chaise haute et ne jamais laisser l'enfant sans surveillance dedans, installer des barrières de sécurité conformes en haut et en bas des escaliers, et ne jamais laisser un enfant seul dans une pièce dont une fenêtre est ouverte ou avec accès à un balcon, sans meuble ni objet placé sous la fenêtre qui faciliterait l'escalade.
Les intoxications et les brûlures
Pour les intoxications, les recommandations officielles demandent de ranger médicaments et produits ménagers en hauteur, si possible sous clé, de ne jamais transvaser un produit dans une autre bouteille, et de rester vigilant sur les produits cosmétiques et certaines plantes d'intérieur, parfois toxiques.
Pour les brûlures, la peau d'un jeune enfant est particulièrement sensible : les recommandations officielles conseillent de vérifier systématiquement la température du bain avec un thermomètre (37 °C), de ne jamais laisser un enfant seul dans une cuisine, de rester vigilant vis-à-vis des plaques de cuisson même éteintes depuis peu, et de ne jamais chauffer un biberon au four à micro-ondes (voir aussi notre guide sur l'alimentation et la diversification) : toujours agiter le biberon réchauffé et tester sa température sur l'intérieur de l'avant-bras.
L'électricité et les autres réflexes de sécurité au quotidien
Sur le risque électrique, les recommandations officielles conseillent l'usage de cache-prises ou de prises à éclipse, l'absence de rallonge branchée en permanence ou de multiprise surchargée, et l'éloignement de tout appareil électrique en marche à proximité d'un point d'eau ; débrancher et ranger les appareils après usage fait partie des réflexes attendus.
D'autres points de vigilance, cités par la même brochure officielle, complètent ce tableau au quotidien : des bloque-portes pour éviter que les doigts d'un enfant ne se coincent, des protections sur les coins de table, des jouets exclusivement conformes au marquage CE et adaptés à l'âge de l'enfant, une vigilance particulière sur les aires de jeux (vêtements pouvant s'accrocher aux structures), ne jamais laisser un enfant seul avec un animal même familier, et un siège auto homologué, adapté à l'âge et au poids de l'enfant, systématiquement attaché même sur de courts trajets. Pour toute piscine, enterrée ou hors-sol, un dispositif de sécurité (barrière, alarme, couverture) est requis.
Cette liste n'a rien d'exhaustif ni de figé : elle illustre la logique de fond du référentiel, qui attend de l'accompagnant éducatif petite enfance une vigilance constante sur l'environnement de l'enfant, à la maison comme en collectivité.
En cas d'accident : le réflexe, pas le geste
Les recommandations officielles sont claires sur la marche à suivre en cas d'accident : le premier réflexe est d'appeler les secours, au 15 (SAMU), au 18 (pompiers), ou au 112 (numéro d'urgence européen). En cas d'intoxication, le réflexe est d'appeler le 15 en indiquant le produit en cause et la quantité estimée absorbée.
Ce guide ne détaille volontairement aucun geste de premiers secours : ces gestes s'apprennent et se pratiquent dans une formation agréée en présentiel, comme le SST (Sauveteur Secouriste du Travail), porté par l'INRS et le réseau de l'Assurance Maladie, ou la formation aux premiers secours du grand public, aujourd'hui appelée Premiers Secours Citoyen (PSC), qui a remplacé l'ancienne appellation PSC1 en 2024. Le référentiel du CAP AEPE cite cette formation comme un savoir associé aux protocoles d'urgence : suivre une formation agréée, avant l'examen ou pendant votre parcours professionnel, reste la seule façon d'acquérir réellement ces gestes.
Ce que le CAP AEPE attend sur ce champ
Le référentiel n'attend pas de l'accompagnant éducatif petite enfance qu'il se substitue à un secouriste formé, mais qu'il sache repérer les risques de l'environnement et participer à l'application des protocoles d'urgence de sa structure. Cela suppose de connaître les consignes de sécurité de son lieu d'accueil, de savoir qui alerter et comment, et de rester attentif à l'environnement immédiat de l'enfant à tout moment de la journée.
Pour compléter ce savoir, consultez notre guide sur le sommeil et la prévention de la mort inattendue du nourrisson, et nos tests d'entraînement.
▸ SOURCES
- Accidents de la vie courante chez les enfants de moins de 15 ans en France — Santé publique France
- Protégez votre enfant des accidents domestiques, Enfants 0-6 ans — INPES / InVS / ministère chargé de la Santé / ministère de l'Intérieur / Assurance Maladie (brochure officielle, republiée par le SDIS 49)
- Salarié sauveteur secouriste du travail (SST) — INRS
- Arrêté du 15 juin 2024 relatif à la filière citoyenne de sécurité civile (remplacement du PSC1 par le PSC) — Légifrance (DILA)